Guerre au Mali : Combien cela va coûter ?

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Selon Le Canard Enchaîné dans son numéro du 23.10.13 (Des djihadistes revanchards au Mali), les actions des rebelles islamistes s’intensifieraient : tirs de roquettes fréquents, assassinats, attentats suicides contre des casernes ou des lieux publics, dynamitage de routes et de ponts avec la complicité d’autochtones ou d’islamistes infiltrés. Les troupes d’Aqmi, du Mujao et d’Ansardine seraient réfugiées au sud de la Libye et projetteraient d’intervenir au Niger ,au Tchad et au nord Mali en s’installant dans les zones montagneuses. Les nouvelles recrues seraient formées à organiser des attentats suicides.

Ces évènements auraient poussé l’armée française à lancer une nouvelle offensive baptisée « Hydre » et dont on est en droit de se demander si dans l’esprit de l’Etat-major les islamistes radicaux sont appelés sans cesse à voir leurs troupes repousser comme l’Hydre de l’Herne.
(Cette créature est décrite comme un monstre possédant plusieurs têtes, dont une immortelle. Ses têtes se régénéraient doublement lorsqu’elles étaient tranchées, et l’haleine soufflée par les multiples gueules exhalait un dangereux poison, même durant le sommeil de l’animal.)
Ce qui soit dit en passant pourrait justifier de la présence militaire française ou de ses supplétifs ad vitam eternam. Le seul problème c’est que les supplétifs sont mal formés et les renforts ne semblent pas venir en nombre obligeant l’Etat français à maintenir ses troupes au Mali avec un coût qui ne cesse de gréver le budget de l’Etat.

Selon La Tribune (Défense : combien va coûter l’opération Serval au Mali en 2013 ? Plus de 400 millions d’euros), Le coût de l’opération Serval au Mali devrait « dépasser les 400 millions d’euros à la fin de l’année« , a récemment estimé le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Edouard Guillaud. En fait elle devrait coûter près du milliard d’euros à la fin 2013 sans compter le surcoût des opérations extérieures . Selon un rapport du Sénat, l’intervention militaire française au Mali devrait coûter 647 millions d’euros en 2013, soit environ 1,8 millions par jour (Le Mali coûtera 647 millions cette année). Ce chiffre est tiré d’un rapport du Sénat sur la Loi de programmation militaire.  Les opérations au Mali devraient représenter la moitié du surcoût total des Opex de 2013, estimé à 1,257 milliards – un niveau comparable à celui de 2011 (1,247) avec la Libye.  Outre le Mali, l’Afghanistan, en forte baisse (divisé par 2 en 2 ans), coûtera encore 259 millions cette année. A part le Tchad (107), les autres Opex coûtent moins de 100 millions chacune (Kosovo, Cote d’Ivoire, Liban, Atalante, Centrafrique, autres).

 Sauf que les troupes françaises risquent de rester déployées sur le terrain pendant une période beaucoup plus longue. De plus les aides de l’Union européenne se font attendre. »Quant aux 300 millions d’euros d’aide alimentaire promis par « la communauté internationale » – mais faut-il croire à son existence ? -, ils sont encore dans les caisses de l’UE ou d’une quelconque institution » (Canard du 23 octobre).

C’est donc le citoyen lambda qui va raquer pour les lubies du chef de guerre et les appétits miniers du lobby militaro-industriel français. Peut-être y aura-t-il une future taxe sur les Assurances vies, les PEL et autres placements, ? Un retour sur investissement futur prometteur ?

Time will tel …

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Reprise de la guerre en RDC. Israël et les USA arment les deux camps et participent à la balkanisation du pays.

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Les combats ont repris dans l’est de la RDC entre la faction rebelle armée par le Rwanda du M23 et les forces loyalistes des FARDC suite à la rupture des négociations par le M23 (L’ONU pointe du doigt le M23 dans le blocage des négociations de Kampala ). Les combats entre l’armée congolaise et le M23 ont repris hier dans la matinée au centre de Kibumba dans le territoire de Nyiragongo. La population des groupements de Kibumba et Buhumba ont fui leurs villages. Les rebelles du M23 et l’armée congolaise s’accusent mutuellement d’avoir été attaqués les premiers dans cette région en proie à une rébellion depuis plus de deux décennies.

Après cette rupture des négociations, à l’initiative du M23, à Kampala précisément dans l’antre de la dictature ougandaise qui participe aussi au pillage de la RDC (RDC : le dictateur ougandais Museveni veut la balkanisation ), la guerre a donc repris après deux mois de pourparlers entre les différentes parties en présence. Le bal des hypocrites est de rigueur. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui appellent les deux camps à revenir à la table des négociations refusent une solution militaire contrairement à leur position en Syrie et prônent une solution politique à l’intar de l’ONU qui continue à faire du tourisme militaire en RDC (Le « tourisme militaire » des Casques bleus au Congo...). L’ONU de son propre aveu a reconnu avoir échoué à protéger les civils.

Cette guerre aurait fait plus de 6 millions de morts (RDC: des millions de morts, un conflit oublié ! ), et 3 millions de réfugiés depuis 1997 en RDC – où les USA, la Grande-Bretagne (Tony Blair, l’homme de l’ombre) et Israël arment massivement le Rwanda via la dictature ougandaise, ce « key partner » des USA en Afrique (US Military Involvement in Uganda Yields Mixed Results, RDC : Les USA annoncent des sanctions contre le Rwanda mais arment l’Ouganda ; Israël fournira des armes à la dictature ougandaise en échange de la déportation d’immigrés Africains vers l’Ouganda ;) – alors que des centaines de milliers de personnes sont sur la route et que le bilan ne cesse de s’alourdir. Israël continue à fournir massivement un soutien militaire au Rwanda sans que cela ne soit critiqué par les instances internationales. Récemment encore  » Netanyahou recevait le président ougandais, Yoweri Museveni. Une rencontre organisée par l’ancien chef du Mossad, Rafi Eitan. Celle-ci aurait abouti à la fourniture de vedettes rapides, véhicules, blindés, munitions et matériel de surveillance. En juin et août dernier, le président du Rwanda, Paul Kagamé, a aussi effectué une double visite en Israël. Il a encore été question de sécurité.« (Israël s’impose comme un partenaire militaire de l’Afrique)

Senior Ugandan General Meets with U.S. Army Africa Leaders; Continues Cooperative PartnershipSenior Ugandan General Meets with U.S. Army Africa Leaders; Continues Cooperative Partnership

Pour ne rien gâcher le Rwanda qui pille allègrement la RDC, après avoir soutenu le M23, menace à présent d’intervenir en RDC (Rwanda says ready to strike inside Congo, war loom) ; Le Rwanda menace la RDC après un bombardement qu’il attribue à Kinshasa) suite à des roquettes envoyées par es FARDC sur son territoire (selon un porte-parole du M23 cité par le journal Le Monde). Quant au pouvoir à Kinshasa (s’il y a un véritable pouvoir),il dénonce une action délibérée des soldats rwandais au sein du M23 « l’armée rwandaise qui est la colonne vertébrale du M23 a commencé à paniquer, ses soldats ont tiré des obus vers le Rwanda, afin de donner à Kigali l’excuse pour intervenir officiellement ». (RDC : la Monusco « extrêmement préoccupée » par la reprise des combats au Nord-Kivu)

Il semble que les forces anglo-saxonnes et israéliennes à l’oeuvre aient planifié la partition de la RDC en renforçant une guerre dirigée avant tout contre les civils qui subissent les exactions tant des rebelles que des forces loyalistes. Elles apportent directement ou indirectement de l’assistance militaire et des armes aux deux camps en conflit. La grande impunité dont jouissent le Rwanda et l’Ouganda (qui organise les pourparlers de paix à Kampala) est paradigmatique de cet « holocauste » organisé pour le bienfait des multinationales anglo-saxonnes et belges pour majorité (Genocide policy plaguing entire Africa: Freeman (Press TV) ; The minerals in our electronic devices have bankrolled unspeakable violence in the Congo (National Geographic) ; Quand votre iPhone sert à payer.. des enfants soldats ; Le pétrolier britannique Soco accusé par WWF de piller le parc de Virunga 😉 . Ces deux pays sont soutenus diplomatiquement (mais aussi économiquement et militairement) par les USA pour leur contribution aux forces supplétives de l’Africom en Afrique (Rwanda appreciated for contribution to African Security).

Le Rwanda a tout juste le droit à des sermons hypocrites de la part de l’administration Obama qui prétend suspendre sa coopération militaire tandis que l’Ouganda est armée massivement par les USA (RDC : Les USA annoncent des sanctions contre le Rwanda mais arment l’Ouganda , US Military Involvement in Uganda Yields Mixed Results). Quant à Israël, elle arme massivement le Rwanda et l’Ouganda.

Cela rappelle la partition du Soudan (Soudan : la guerre secrète américano-chinoise (diploweb) ), de la Somalie (Somalie : résistance, Shebab et impérialisme US ), de la Libye (NY Times publie la « nouvelle carte » d’Afrique du nord et du Moyen Orient) organisée par les mêmes forces avec l’assentiment d’ONGs complices (La « guerre humanitaire » des ONGs contre le peuple libyen ). De la guerre, du génocide comme politique étrangère ?
Obama, Netanyahou et Cameron les nouveaux Léopold II du XXIème siècle en RDC ?

Chez SLT : Dossier spécial RDC
Reprise de la guerre en RDC. Israël et les USA arment les deux camps et participent à la balkanisation du pays.

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Liste des 85 multinationales mises en cause dans le rapport de l’ONU de 2003 pour leur soutien financier à la guerre en RDC

Voici la liste des 85 multinationales mises en cause par l’ONU, dans le pillage de la RDC et dans le financement indirect de la guerre civile à l’Est, dans un rapport de 2003. Suite à ce rapport, l’ONU n’a pris aucune sanction et n’a pas fait appliquer l’embargo préconisé. Cela n’a fait que renforcer les soupçons de complicité autour de la MONUSCO, force armée onusienne en RDC. Parmi ces entreprises, certaines sont accusées de porter une aide logistique et financière voir d’apporter directement de l’armement aux rebelles ou aux forces loyalistes. Elles sont soit protégées par l’ONU soit par l’Etat qui les héberge. Citons quelques cas parmi tant d’autres : Anvil Mining au Canada ou bien Afrimex en Grande-Bretagne, ou bien de nombreuses autres firmes belges. A noter qu’un grand nombre sont d’origine d’Afrique du sud en lien étroit avec la Grande-Bretagne et les USA

1. AFRICAN TRADING CORPORATION Sarl, SOUTH AFRICA
2. AFRIMEX, United Kingdom
3. AHMAD DIAMOND CORPORATION, BELGIUM
4. A.H. PONG & Sons, SOUTH AFRICA
5. A. KNIGHT INTERNATIONAL Ltd, United Kingdom
6. A & M MINERALS and METALS Ltd, United Kingdom
7. ALEX STEWART Ltd (Assayers), United Kingdom
8. AMALGAMATED METAL CORPORATION Plc, United Kingdom
9. AMERICA MINERAL FIELDS (AMFI), USA
10. ANGLO AMERICAN Plc, United Kingdom
11. ANGLOVAAL MINING Ltd, SOUTH AFRICA
12. ARCTIC INVESTMENT, United Kingdom
13. ASA DIAM, BELGIUM
14. ASA INTERNATIONAL, BELGIUM
15. ASHANTI GOLDFIELDS, GHANA
16. AVIENT AIR, ZIMBABWE
17. BANRO CORPORATION, SOUTH AFRICA
18. BARCLAYS BANK, United Kingdom
19. BAYER A.G., GERMANY
20. B.B.L. Banking, BELGIUM
21. BELGOLAISE, BELGIUM
22. CABOT CORPORATION, USA
23. CARSON PRODUCTS, SOUTH AFRICA
24. CHEMIE PHARMACIE NETHERLANDS, HOLLAND
25. COGECOM, BELGIUM
26. C. STEINWEG NV, BELGIUM
27. DARA FOREST, THAILAND
28. DAS AIR, United Kingdom
29. DE BEERS, United Kingdom
30. DIAGEM BVBA, BELGIUM
31. EAGLE WINGS RESOURCES INTERNATIONAL, USA
32. ECHOGEM, BELGIUM
33. EGIMEX, BELGIUM
34. ENTREPRISE GENERALE MALTA FORREST, DRC
35. EUROMET, UK
36. FINCONCORD SA, SWITZERLAND
37. FINMINING, SAINT KITTS
38. FIRST QUANTUM MINERALS, CANADA
39. FLASHES OF COLOR, USA
40. FORTIS, BELGIUM
41. GEORGE FORREST INTERNATIONAL AFRIQUE, DRC
42. HARAMBEE MINING CORPORATION, CANADA
43. H.C. STARCK GmbH & Co KG, GERMANY
44. IBRYV AND ASSOCIATES LLC, SWITZERLAND
45. INTERNATIONAL PANORAMA RESOURCES Corp, Canada
46. ISCOR, South Africa
47. JEWEL IMPEX Bvba, Belgium
48. KABABANKOLA MINING COMPANY, Zimbabwe
49. KEMET ELECTRONICS CORPORATION, USA
50. KHA International AG, Germany
51. KINROSS GOLD CORPORATION, USA
52. K & N, Belgium
53. KOMAL GEMS NV, Belgium
54. LUNDIN GROUP, Bermuda
55. MALAYSIAN SMELTING CORPORATION, Malaysia
56. MASINGIRO GmbH, Germany
57. MELKIOR RESOURCES Inc, Canada
58. MERCANTILLE CC, South Africa
59. MINERAL AFRIKA Limited, United Kingdom
60. NAC KAZATOMPROM, Kazakhstan
61. NAMI GEMS, Belgium
62. NINGXIA NON-FERROUS METALS SMELTER, China
63. OM GROUP Inc, USA
64. OPERATION SOVEREIGN LEGITIMACY (OSLEG) Pvt Ltd, Zimbabwe
65. ORION MINING Inc., South Africa
66. PACIFIC ORES METALS AND CHEMICALS Ltd, Hong Kong
67. RAREMET Ltd, Saint Kitts
68. SARACEN, South Africa
69, SDV TRANSINTRA, France
70. SIERRA GEM DIAMONDS, Belgium
71. SLC GERMANY GmbH, Germany
72. SOGEM, Belgium
73. SPECIALITY METALS COMPANY SA, Belgium
74. STANDARD CHARTERED BANK, U.A.E.
75. SWANEPOEL, South Africa
76. TENKE MINING CORPORATION, Canada
77. THORNTREE INDUSTRIES (Pvt) Ltd, Zimbabwe
78. TRACK STAR TRADING 151 (Pty) Ltd, South Africa
79. TRADEMET SA, Belgium
80. TREMALT Ltd, Belgium
81. TRINITECH INTERNATIONAL Inc, USA
82. TRIPLE A DIAMONDS, Belgium
83. UMICORE, Belgium
84. VISHAY SPRAGUE, USA and Israel
85. ZINCOR, South Africa

 
 

RDC : la Grande-Bretagne s’oppose à l’exploration du pétrole par l’entreprise britannique Soco dans le parc des Virunga

S’il fallait montrer les liens étroits entre les Etats et leurs multinationales et les possibilités d’agir des  gouvernements sur les multinationales, il faudrait s’intéresser au cas de l’affaire Soco. Dans cet affaire une entreprise pétrolière britannique, Soco International, escomptait explorer le  pétrole en RDC dans le parc des Virunga, le plus ancien parc national d’Afrique classé au patrimoine de l’UNESCO. Cette firme avait obtenu du gouvernement de RDC le droit d’exploiter et de produire du pétrole dans le bloc 5 du rift albertin empiètant sur le parc des Virunga malgré l’opposition d’une partie de la société civile.
Après de maintes tergiversations du gouvernement britannique, celui-ci vient de s’opposer fermement à une telle pratique.

 » Dans une réponse écrite à la question posée par un membre du parlement britannique, Mark Simmonds, le sous-secrétaire d’État parlementaire pour les Affaires étrangères et du Commonwealth, a rappelé la semaine dernière que le gouvernement britannique était contre les activités pétrolières de la société pétrolière Soco dans la zone du Parc des Virunga. « Le Royaume-Uni continue de s’opposer à l’exploration pétrolière dans le parc national des Virunga », a déclaré M. Simmonds. « Le parc est un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO comme étant en danger ». Mark Simmonds a également ajouté que les diplomates britanniques en République Démocratique du Congo (RDC) avaient averti les autorités congolaises de la position du Royaume Uni. « L’ambassade britannique à Kinshasa a soulevé la question de l’exploration pétrolière dans le parc de Virunga à différents niveaux du gouvernement de la RDC et nous avons été très clair sur le fait que nous nous opposions à une telle activité ».

Cette opposition ferme de la part du gouvernement britannique est  une première en la matière et fait suite aux pressions du Fonds mondial pour la nature (WWF) qui avait déposé plainte (PDF en anglais), lundi 7 octobre, contre la compagnie pétrolière anglaise Soco auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour « violation des normes de responsabilité sociale des entreprises internationales ». « Les activités d’exploration pétrolière de Soco dans et aux abords du parc national des Virunga violent les directives de l’OCDE concernant l’environnement et les droits de l’homme ».

Le gouvernement britannique dispose aussi d’autres moyens de rétorsion face aux agissements de cette compagnie si elle continuait à mettre en oeuvre son projet. On verra quelle sera cohérence le gouvernement de Cameron dans cette affaire.

Rappelons que L’association «Objectif brousse» avait évoqué avoir subie des pressions de la part de l’entreprise Soco. Elle avait accusé vendredi 27 septembre 2013 cette entreprise pétrolière d’avoir commandité l’arrestation d’un conservateur de l’Institut congolais de conservation de la nature (ICCN). Le conservateur Rodrigue Katembo Mugaruka a été arrêté pour avoir empêché des agents de Soco d’implanter, sans l’autorisation de l’ICCN, une antenne dans le parc des Virunga, dans le Nord-Kivu. Il a été mis au cachot de l’Agence nationale des renseignements (ANR) à Goma. Un cas de collusion fréquente entre firmes et militaires loyalistes ou rebelles en RDC (Radio Okapi). De son côté, l’entreprise incriminée a nié toute implication dans cette arrestation.

L’association Objectif brousse affirme que tous les acteurs qui ne sont pas du même avis que Soco sont menacés. Il avait appellé la Communauté internationale à interpeller cette entreprise pétrolière internationale. CL’ONG WWF avait répondu favorablement à cet appel et vient d’obtenir un certain succès auprès du gouvernement britannique tandis que Soco n’entend pas renoncer à l’exploration du pétrole dans le parc national des Virunga, patrimoine mondial qui abrite des espèces menacées d’extinction et fournit du poisson et de l’eau douce à plus de 50.000 riverains.

Source : LE GOUVERNEMENT BRITANNIQUE S’OPPOSE AUX EXPLORATIONS PÉTROLIÈRES DE LA SOCIÉTÉ SOCO DANS LE PARC NATIONAL DES VIRUNGAImage

La ruée vers l’Afrique

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L’Afrique attire de plus en plus d’investisseurs et il semble que les gouvernements, les multinationales, les banquiers veulent aussi leur part du gâteau. La France et les USA utilisent des moyens militaires (Libye,Somalie, Côte d’Ivoire, Mali, Soudan…) pour parvenir à leur fin tandis que les pays émergents (Brésil, Inde, Chine…) se cantonnent pour l’instant à renforcer leurs liens commerciaux avec l’Afrique mais contribuent eux aussi à renforcer la corruption.

Les atouts de l’Afrique ne se cantonnent plus simplement aux matières premières bien souvent cédées par des kleptocrates serviles installés par les grandes puissances, mais sa croissance ( bien que cache-misère) est devenu un atout incontournable. Dans cette Afrique où les classes bourgeoises prennent leur essor, de nouveaux marchés de consommation s’offrent aux investisseurs (téléphonie, restaurants, centres commerciaux…).
Le produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique serait presque équivalent à celui de l’Europe et, sur cinq actifs dans le monde un est Africain. The Economist, après avoir été longtemps afro-sceptique, ne s’y est pas trompé en titrant « L’Afrique ce continent de l’espoir » en mars 2013.

Pour un certain nombre de critiques, ces investissements de plus en plus massifs ne seraient qu’un cheval de Troie du capitalisme occidental en Afrique. Si le développement de l’Afrique devient une cause défendue par certaines personnalités aussi variées que Bill et Melinda Gates, Tony Blair, Warren Buffett, Bill Clinton, ou bien le financier George Soros. Il ne faut pas croire que cela soit par pure philantropie. Par exemple la fondation Bill et Melina Gates s’est associée avec l’entreprise Monsanto afin d’organiser la promotion de la « révolution verte » en Afrique et ailleurs ( Bill Gates et Monsanto en Afrique). Cette « révolution verte » sert de cheval de Troie pour faire main basse sur les semences africaines afin d’imposer aux fermiers africains et du monde leurs propres produits à base d’OGMs (Irin Opposition à la révolution verte en Afrique).
« Las! Dans les stratégies agricoles prônées par le multimilliardaire Bill Gates qui fait de l’agriculture africaine un de ses plus importants chevaux de bataille, on cherchera en vain la simple mention du terme «agriculture biologique». Normal: ce type de technique a un défaut principal: celui d’être quasiment gratuit. Un terme qui résonne d’une manière hostile aux oreilles d’un Bill Gates et de ses pairs. Sa fondation, qui compte plusieurs anciens hauts cadres de Monsanto, met des milliards à la disposition de AGRA pour «révolutionner» l’agriculture africaine et lui permettre, officiellement, d’être plus performante. Officieusement, il prépare un boulevard aux grands semenciers, fabricants de semences transgéniques, d’engrais et de pesticides. » Le Temps.

Quant à Tony Blair, derrière son association pour soutenir la démocratie en Afrique, il promeut le secteur privé tout en étant conseiller de la banque américaine JP Morgan. Pour ces conseils à cette banque états-uniennes, il recevrait annuellement un million de livres sterling (Londres, l’influence croissante de Tony Blair en Afrique). Loin d’être neutre, Tony Blair s’immisce dans les affaires politiques du continent. En février 2013, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le milliardaire américain Howard Buffet ont plaidé auprès de la communauté internationale en faveur du Rwanda et ont apporté un soutien sans faille à Paul Kagamé accusé de soutenir les rébellions rwandophones en RDC pour piller le pays de ses matières premières. Pour eux à l’instar de Bill Clinton, les aides étrangères ne devaient pas être coupées pour Kigali suite à son soutien au mouvement M23 qui sème la désolation à l’Est de la RDC dans une guerre qui a fait plus 5 millions de morts. Tony Blair a même été le conseiller du présumé criminel contre l’humanité Paul Kagamé. Ces nouveaux VRP semblent monnayer leurs services aux pires dictateurs africains sous couvert de promotion de la démocratie qui n’est souvent qu’un paravent à des affaires privées.

Nous ne reviendrons pas non plus sur ces hommes politiques français de tous bords qui écument les bars des dictateurs françafricains pour garnir leur compte en banque, ni sur les rapports bidons réménurés au prix fort par des dictateurs avec l’argent d’un peuple qui crève. Pas plus que sur les devises d’Afrique francophone équivalent à des milliards d’euros qui dorment dans les caisses du Trésor Public, ni sur le financement jusqu’à il y a peu de la totalité des partis politiques français par les dictateurs mis en place par Paris dans son pré-carré, ni sur l’attribution préférentielle des marchés aux entreprises françaises à l’encontre de la loi du marché dans ce même pré-carré.

Non l’Afrique n’aura pas grand chose à attendre de ces conseillers de l’ombre au service de dictateurs, de multinationales et de banques. Mais elle gagnerait plus à réclamer de pouvoir accéder comme il se doit à la valeur ajoutée en ayant ainsi à partir de ses propres matières premières la possibilité de vendre des produits finis. C’est le chemin que vient de prendre le Bostwana. Ce pays, premier pays producteur de diamants au monde, vient d’imposer au géant De Beers le transfert de savoir concernant l’industrie de diamants (Ecofin De Beers délocalise sa direction des ventes au Botswana). En effet, De Beers pour sécuriser une joint-venture de 10 ans avec le gouvernement Botswanais et sous la pression de celui-ci, a du accepter le déménagement de 85 employés pour le Botswana. Ils seront chargés d’assurer la formation de leurs homologues du Bostwana.

Il n’y a qu’en favorisant le transfert de savoir et des technologies dans le sens nord-sud que l’Afrique pourra créer ses propres produits à partir de ses propres matières premières. Mais il n’est pas sûr que les grandes puissances acceptent de bon gré, dans leur chasse gardée, ce désir d’autonomisation et d’indépendance technologique et économique de la part des pays africains.

Le crime paie !

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Le crime paie en RDC ! Des mouvements rebelles soutenus par les pays limitrophes (Rwanda, Ouganda et Burundi) et par les puissances anglo-saxonnes [1] participent au nettoyage des populations dans les régions riches en minerais à l’Est de la RDC sans que la MONUSCO qui est la plus grande force militaire onusienne jamais déployée dans un pays n’intervienne pour protéger les civils [2] selon ses propres aveux[3]. Le rapport récent d’Enough Project [4] le démontre en révélant que ceux qui s’enrichissent le plus dans le pillage sont ceux qui commettent le plus de crimes contre l’humanité. Un pillage économique de la RDC pour le compte de firmes et autres multinationales [1,5,6] qui a fait des millions de morts depuis plus de 15 ans [1].

« Les revenus croissants ont enrichi ceux qui commettent des atrocités et des crimes contre l’humanité dans la région« .

Selon ce rapport [4], 500 millions de dollars Us de minerais congolais seraient détournés chaque année par le groupement rebelle M23 soutenu par le Rwanda voisin dans les territoires sous son contrôle. Ce chiffre d’affaire sur le dos du massacre du peuple congolais concernerait uniquement l’exploitation des mines d’or grâce aux réseaux noués entre le M23 et d’autres groupes armés sévissant dans la région. Le M23 élargirait ses contacts avec des commerçants influents en Ouganda, au Burundi et au Congo. Le rapport dénommé « Gold Striking » ne pointe pas uniquement le M23 mais la plupart des groupes rebelles qui contribueraient au pillage économique de l’est de la RDC pour des acheteurs étrangers peu soucieux de faire le commerce des minerais de sang.

« To capture a greater share of the gold trade, M23 has built alliances with individuals andarmed groups that control large mines in eastern Congo. These include Sheka Ntabo Ntaberi of the Nduma Defence of Congo, or NDC, armed group in Walikale territory of eastern Congo—the alleged mastermind of the mass rape of more than 300 women, children, and men at Luvungi in 2010. M23 has built ties with Justin Banaloki—whose alias is “Cobra Matata”—the armed leader who is based in Ituri District and was highlighted in the October 2013 National Geographic. M23 is also associated with Congolese army defector and militia leader Maj. Hilaire Kombi in Beni and Lubero territories, according to U.N. experts and Enough Project research. Traversing otherwise hostile ethnic and political divisions, these alliances are based partially on economic gain. Many of those who reap the greatest profits are also those most directly implicated in atrocities and crimes against humanity. » le rapport d’Enough Project

« Pour capturer une plus grande part du commerce de l’or, le M23 a construit des alliances avec des groupes armés et des individus qui contrôlent de larges mines à l’Est de la RDC. Ceux-ci incluent Sheka Ntabo Ntaberi du groupe de défense Ntuma du Congo, ou NDC, des groupes armés dans les territoires de Walikale de l’est du Congo — les cerveaux présumés des viols de masse de plus de 300 femmes, hommes et enfants à Luvungi en 2010. Le M23 a aussi construit des liens avec Justin Banaloki — dont le pseudonyme est « Cobra Matata » — un chef de guerre basé dans le district de l’Ituri et qui fut mis en cause dans un document du National Geographic en octobre 2013 [7]. Le M23 s’associe aussi avec des déserteurs de l’armée congolaise et le chef de milice, Major Hilaire Kombi, dans les territoires de Beni et Lubero, selon des experts des Nations Unies et de l’ONG Ces alliances, en dépit des tensions interethniques et politiques, sont basées sur le profit économique. La majorité de ceux qui se sont enrichis de manière faramineuse sont ceux qui sont les plus impliqués dans les atrocités et les crimes contre l’humanité ».

Des commandants du M23 se sont enrichis sur ce commerce juteux et criminel comme Sultani Makenga qui jouerait un rôle clé. Il a prolongé son entreprise de pillage en développant les réseaux de l’ex-commandant Bosco Ntaganda accusé de crimes contre l’humanité. Le contrôle des mines de Walikale et de Lubero dans la province du Nord-Kivu et dans le district de l’Ituri dans la Province Orientale serait passé sous le contrôle du M23 et de ses alliés.

Il pointe aussi la responsabilité du gouvernement US et du conseil de sécurité de l’ONU. Ils ont en effet la possibilité de sanctionner (ou pas) ces exportateurs connus qui contribuent au pillage de la RDC et au renforcement des crimes contre l’humanité. La responsabilité incombe également à l’industrie de l’or de procéder à une diligence raisonnable et investir dans un commerce de l’or propre au Congo.

Enough Project appelle l’envoyé spécial américain Russ Feingold, le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’envoyé de l’ONU Mary Robinson, et les détaillants de bijoux à prendre des mesures concrètes pour limiter les chemins documentés d’or issus des conflits aux marchés internationaux.

Ce rapport intervient au moment où les USA et la Grande-Bretagne préconisent une solution politique concernant la guerre en RDC. La MONUSCO tout en reconnaissant son impuissance refuse d’intervenir tandis qu’Israël [8] avec les USA [9] fournissent armes et instruction militaire à l’Ouganda qui soutient massivement les mouvements rebelles dans l’Ituri et appelle à la balkanisation du Congo [10] dans le silence complice des médias occidentaux.

Source : Enough Project Research Striking Gold: How M23 and its Allies are Infiltrating Congo’s Gold Trade

Références :
1. RDC: des millions de morts, un conflit oublié !
2. Le « tourisme militaire » des Casques bleus au Congo…
3. RDC: le rôle de l’ONU remis en cause
4. Enough Project Striking Gold: How M23 and its Allies are Infiltrating Congo’s Gold Trade
5. – Quand votre iPhone sert à payer.. des enfants soldats
6. RDC: Le pétrolier britannique Soco accusé par WWF de piller le parc de Virunga
7.National Geographic The minerals in our electronic devices have bankrolled unspeakable violence in the Congo
8. Israël fournira des armes à la dictature ougandaise en échange de la déportation d’immigrés Africains vers l’Ouganda
9. RDC : Les USA annoncent des sanctions contre le Rwanda mais arment l’Ouganda
10. RDC : le dictateur ougandais Museveni veut la balkanisation

Racisme, néocolonialisme et colonialisme

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Il apparait désormais évident que des nations avec la caution implicite ou explicite de leurs concitoyens peuvent commettre les pires atrocités imaginables, y compris la torture, le meurtre, les massacres, les viols systématisés et les génocides sur des populations cibles jugées insuffisamment civilisées. Pour mieux comprendre de quelle manière ces horreurs peuvent se dérouler, il suffit pour cela de regarder le documentaire de la BBC en 3 parties intitulé : « Histoires de Racisme ». Cette série a été diffusée par la BBC en mars 2007. Et les vidéos des émissions sont à présent disponibles sur internet. Ce documentaire permet de documenter les liens entre racisme et colonialisme. On y observe que le racisme comme le colonialisme sont associés au discours illusoire d’exception culturelle. Ce discours est souvent lié à une forme de discours culturel narcissique sur l’exceptionnalisme de la Culture légitimant ces politiques coloniales meurtrières.

En regardant ce documentaire à la BBC, « The History of Racism » on se rend compte comment dans l’histoire de l’Humanité l’exploitation économique et coloniale a été légitimée par les pires théories racistes. Ce documentaire décrit les crimes de masse d’une cruauté incroyable commis par les Européens contre les Africains. L’exemple le plus parlant est la manière dont le roi belge, Léopold II, a fait sienne la région du Congo en organisant de manière systématisée le massacre des Congolais refusant l’asservissement, le rapt des femmes dans les villages afin d’obliger les hommes à aller chercher le caoutchouc dans les forêts. La barbarie dans toute sa splendeur. La population congolaise fut asservie (alors que l’esclavage était aboli depuis la fin du XIXème siècle), mutilée et massacrée par la folie prédatrice d’un roi dans son royaume africain. Beaucoup moururent de famines et de maladies dans des conditions sanitaires terribles, d’autres furent massacrés par les troupes au service du roi belge.
Les soldats de l’armée privée de Léopold II, d’environ 90.000 hommes, devait s’assurer que les balles étaient utilisées à bonne escient (à savoir tuer les Congolais refusant cet asservissement) et de ramener une main coupée comme signe d’élimination des victimes. Une balle utilisée devait aboutir à l’obtention d’une main coupée pour s’assurer que les balles n’avaient pas été utilisées en vain. La situation s’est ensuite dégradée et les mains humaines sont devenues une monnaie d’échange quand les hommes, femmes ou enfants n’avaient pas ramené assez de parts de caoutchouc. Parfois plus de mille mains ont été rassemblées en un seul jour dans un secteur riche en caoutchouc. Pendant le règne de Léopold II, Adam Hoschild évoque le chiffre de 10 millions de morts car selon les démographes, la population diminua de moitié lors des douze ans du règne du roi des Belges, Léopold II (1896-1908).

Inutile de se focaliser sur la Belgique, la France ne fut pas en reste puisque lors de sa conquête de l’Oubangui-Chari, certains historiens rapportent une chute dramatique de la démographie aux alentours de 50% et des massacres de grande ampleur. Cette folie prédatrice dans un but de conquête des matières premières fut toujours accompagnée d’un discours racialiste de légitimation poussant la population à croire que ces peuples étaient « inférieurs » ou leurs sociétés réductibles au terme de « traditionnels » et devaient par voie de fait être civilisés par les lumières de l’Europe. C’était le devoir des Européens d’apporter la civilisation et la religion chrétienne aux peuples africains incultes. Ce sont les mêmes théories racialistes qui ont servi aussi à légitimer le premier génocide du XXème siècle (à présent bien documenté) organisé par les troupes coloniales allemandes qui planifièrent le recours à a solution finale et les camps de concentration contre les Herero résistants à l’occupation coloniale en Namibie entre 1904 et 1908. Il y eu aussi des expérimentations médicales sur les populations parquées dans ces camps. Cette expérience coloniale servira d’exemple pour les nazis qui reproduiront le même schéma à plus grande échelle en Europe lors de la seconde guerre mondiale.

Mais croire que le tribunal de Nuremberg a mis une fin définitive aux atrocités européennes envers les peuples quel qu’ils soient est un leurre. En effet, la France continua à organiser des répressions sanglantes à grande échelle dans les pays africains tandis que les médias conditionnés par le discours racialiste français ne s’indignèrent peu ou prou ou n’eurent aucune information dans le contexte d’une Vème République donnant libre cours à un exécutif débridé sans aucun contrôle parlementaire. On pourra citer les politiques criminelles du général De Gaulle en les reléguant au passé notamment ses guerres au Cameroun pour maintenir ce pays sous contrôle français (de 40.000 morts à des centaines de milliers selon les historiens), ses tentatives d’organiser la sécession de la province du Biafra au sein du Nigéria (de 1 à 2 millions de morts) ou le recours aux assassinats politiques pour éliminer les leaders indépendantistes résistants à l’occupation tels des Jean Moulin africains qui furent impitoyablement éliminés (Ruben Um Noybé assassiné par les tirailleurs franco-camerounais au Cameroun, Félix Moumié empoisonné à Genève par les services du SDECE, Sylvanius Olympio président du Togo assassiné par des tirailleurs franco-togolais, Ben Barka enlevé et assassiné en France…), ou la mise en place de dictateurs françafricains pour piloter les néocolonies pour le compte de la République française (Bokassa en Centrafrique, Eyadéma au Togo, Bongo au Gabon, Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire…). Seulement, le système français continue la même politique 50 ans plus tard. Un système que l’on nomme Françafrique mais qui n’est rien d’autre que le paravent d’un système étatique. Derrière la Françafrique, il y a l’Etat français et sa politique néocolonialiste au Rwanda (soutien politique, économique et financier français aux génocidaires rwandais en 1994), en Côte d’Ivoire en 2010, en Libye en 2011 et plus récemment au Mali en 2013 après avoir armé les rebelles islamistes en 2011 pour se débarrasser du panafricaniste Kadhafi sérieux obstacle aux stratégies de reconquête coloniale de l’Afrique. On passera sur les élections truquées soutenues par Paris dans ses néocolonies au Congo-Brazzaville, au Cameroun, au Burkina Faso, à Djibouti, en Centrafrique, au Tchad où la durée moyenne de présence au pouvoir des kleptocrates africains made in France est de l’ordre de 20 ans. On ne parlera pas du système françafricain organisé par l’Etat qui permet à des multinationales ou de simples entreprises françaises, des partis, des ONGs, des politiques, des journalistes et bien d’autres de croquer de « la fraîche » en Afrique sur le dos des Africains qui crèvent de faim. Pour faire bref, prenons l’exemple de l’énergie électrique en France : 75% de cette énergie vient du nucléaire et presque 100% de l’uranium français vient du Niger, du Centrafrique et du Gabon. On comprend mieux dans ces conditions la nécessité du discours de légitimation racialiste ayant cours au sein du magistère intellectuel et politique pour masquer la grande dépendance de Paris envers son pré-carré. Un grand dictateur mis en place par la France au Gabon disait « La France sans l’Afrique c’est comme une voiture sans carburant« . Le discours en interne relève du « ces peuples ne sont pas prêts pour la démocratie« . Mais comment peuvent-ils atteindre la démocratie si les présidents qui sont élus démocratiquement comme Lumumba au Congo Kinshasa, Olympio au Togo, sont systématiquement éliminés par les « anciennes » puissances coloniales ? On a aussi les classiques racialistes : « En Afrique on ne peut pas ne pas se salir les mains », « le bruit et l’odeur »… Ou le comble, un ancien ministre de la défense française déclarant à la mort de Pierre Messmer qu’il eu « un parcours sans tâche » alors qu’il fut responsable d’une terrible répression sanglante au Cameroun dans les années soixante. Une violence inouïe, un racisme et un négationnisme masqué effarant. On ne parlera pas non plus du Franc CFA qui permet à la Banque de France et surtout au Trésor public français de contrôler l’économie de ces pays et de se fournir en milliard d’euros de devises. Les « anciennes colonies » de la France, continuent à travers la BCEAO de déposer 50% de leurs réserves d’argent au trésor français, pour obtenir une garantie de convertibilité inutile. Ces dépôts sont estimés à plus de 8000 milliards de francs CFA.

Enfin, outre-atlantique, les USA ne sont pas en reste avec leur politique impérialiste en Afrique au travers de l’Africom censée permettre aux USA de capter les richesses minières de l’Afrique. Les USA, la Grande-Bretagne et Israël soutiennent une guerre terrible en RDC qui a fait des millions de morts en armant les rebelles proches du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi qui sèment le chaos dans l’est de la RDC. Un pays qui est retourné à l’époque de Léopold II, roi des belges. A présent encore en RDC, le viol des femmes est systématisé, les massacres de masse sont légions, les réfugiés se comptent par millions et on estime le nombre de morts à plusieurs millions dans ce pays dans ces grandes puissances. Inutile de dire que le discours de légitimation racialiste bat son plein envers les Africains. L’ingratitude salutaire ! Pendant ce temps là, les multinationales, les firmes de l’électronique et les filières de l’or, du diamant et de l’argent s’enrichissent de manière substantielle tandis que les médias font le service minimum. Ah, nos braves médias qu’ils soient généralistes ou alternatifs ont été beaucoup plus en verve pour des conflits moins meurtriers en Syrie, en Irak… Silence on massacre et on s’enrichit « au coeur des ténèbres » de l’âme humaine !